Une nouvelle présidence pour la Conférence des évêques de France | Conférence des évêques de France

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Les évêques réunis en Assemblée plénière de printemps à Lourdes, se réjouissent d’avoir élu la nouvelle présidence de la Conférence des évêques de France. Elle prendra ses fonctions au 1er juillet 2019, pour un premier mandat de 3 ans.

PrésidentMgr Éric de MOULINS-BEAUFORT,
Archevêque de Reims

Jusqu’à présent président de la Commission doctrinale de la CEF ;

Vice-présidents :
Mgr Dominique BLANCHET,
Évêque de Belfort-Montbéliard
Jusqu’à présent président du Conseil pour les associations et mouvements de fidèles ;

Mgr Olivier LEBORGNE
Évêque d’Amiens
Jusqu’à présent président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat de la CEF.

Retrouvez le communiqué avec les biographies des membres de la nouvelle présidence:

Election de la nouvelle présidence de la Conférence des évêques de France

Source: Une nouvelle présidence pour la Conférence des évêques de France


Mgr Éric de Moulins-Beaufort, vent de jeunesse à la tête des évêques de France | La Croix

Analyse – À 57 ans, le nouvel archevêque de Reims, élu par ses pairs mercredi 3 avril au premier jour du scrutin, accède à la présidence de la Conférence des évêques de France dans une période de crise.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort aura pour vice-présidents Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Amiens, et Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort Montbéliard. Tous les trois prendront leurs fonctions le 1er juillet 2019 pour un mandat de 3 ans.


Bruno Bouvet (à Lourdes) et Anne-Bénédicte Hoffner 04/04/2019 à 08:45

Une valeur sûre. Dans ce contexte difficile de révélations en série d’agressions sexuelles commises par des prêtres, les évêques de France ont choisi de placer à leur tête une personnalité à la fois jeune mais connue pour avoir une tête bien faite : Mgr Éric de Moulins-Beaufort. Digne héritier du cardinal André Vingt-Trois, auprès duquel il a acquis une solide expérience de management et dont il partage la vivacité d’esprit, il est aussi confronté, depuis son arrivée dans le diocèse de Reims en octobre dernier (qui comprend une partie de la Marne et les Ardennes), aux problèmes que connaissent bien ses confrères dans les zones moins peuplées du pays, en particulier la raréfaction des prêtres et la fin du « maillage paroissial ».

Son aisance intellectuelle et sa manière d’aborder les problèmes, avec pragmatisme et sans nostalgie excessive du passé, auront assurément joué dans une élection, pour laquelle il figurait depuis de nombreuses semaines comme l’un des principaux favoris.

Comment les évêques élisent leur président

Ce Parisien, ordonné en 1991, a été très vite repéré : par ses enseignants au séminaire qui avaient déjà décelé son « potentiel », puis par le cardinal André Vingt-Trois dont il a été le secrétaire particulier pendant trois ans, puis l’évêque auxiliaire et le vicaire général.

Fils d’officier passé par Sciences-Po Paris, Mgr Éric de Moulins-Beaufort est également un enseignant apprécié, qui a exercé à la Faculté Notre-Dame et au Studium du Séminaire de Paris, et un théologien, que ses confrères avaient d’ailleurs déjà récemment placé à la tête de leur commission doctrinale.

Membre du conseil de direction de l’Association internationale Cardinal Henri de Lubac, il siège également au conseil de rédaction de deux importantes revues, Communio, et la Nouvelle revue théologique (NRT). C’est dans cette dernière qu’il a publié l’an dernier un article remarqué : « Que nous est-il arrivé ? De la sidération à l’action devant les abus sexuels dans l’Église », dans lequel il propose des explications à ces crimes et suggère également des pistes juridiques comme pastorales.

L’affaire Anatrella, un tournant

La « commission d’audition » que lui a confiée en 2016 le cardinal Vingt-Trois à propos de l’affaire Tony Anatrella a manifestement constitué un tournant dans sa réflexion. « Les responsables de toutes les institutions doivent désormais parler et agir afin que les générations à venir puissent connaître des relations ajustées dans la vérité », écrivait-il en introduction de son article pour la NRT. « En écrivant cela, nous portons en mémoire nos rencontres ou échanges avec des personnes qui ont été abusées par des prêtres, ou avec leurs familles. Ce que ces personnes ont dû mobiliser en elles-mêmes pour vivre malgré tout monte vers Dieu comme un cri à l’égard de ceux qui n’ont rien su ou rien voulu voir. »

Apprécié des laïcs avec lesquels il a travaillé au sein du diocèse de Paris, il est connu pour son humeur égale et son abord facile, qu’il accompagne volontiers d’humour. Des qualités qui devraient lui être fort utiles dans la tempête qu’affronte actuellement l’Église de France.

Réparons l’Église : prenez la parole

Manifestement conscient de la profondeur de la crise que traverse l’institution, ici comme partout dans le monde, il ne semble pas pour autant homme à céder à l’accablement et affiche sa confiance : ces vives turbulences sont nécessaires à un travail de reconstruction.

Liberté d’esprit

Interrogé par La Croix l’an dernier sur la difficulté à organiser le débat dans l’Église après une prise de position contestée du MRJC sur l’avortement, il se montrait rassurant, affirmant avoir lui-même « toujours pu dire ce qu’il avait eu envie de dire ».

Fin février, après une série de révélations particulièrement éprouvantes, il a pris la plume pour écrire aux catholiques de son diocèse. Dans ce texte, dont la franchise a « agréablement surpris » un théologien parisien, il reconnaît « le dégoût et le découragement » que peut susciter la révélation du mal « commis et caché ». Il fait ensuite une lecture essentiellement spirituelle de la crise, y voyant la preuve que « Dieu n’abandonne pas son Église, au contraire, il travaille à la purifier, y compris du mal qui était en elle et qu’elle s’obstinait à ne pas voir ».

Mgr Eric de Moulin-Beaufort sur la lutte contre le cléricalisme : « Notre tête, c’est le Christ, pas un prêtre »

Sur le plan de la lutte contre le cléricalisme à laquelle appelle le pape François, il reconnaît toutefois sa « naïveté » lorsqu’il estimait « qu’avec Vatican II les relations entre prêtres et fidèles laïcs s’étaient profondément renouvelées, qu’elles s’étaient simplifiées, qu’elles étaient de service commun dans la mission donnée par le Christ et non plus de contrôle social et d’encadrement ». Cette liberté d’esprit lui sera, sans aucun doute, d’un grand secours pour conduire ses pairs à affronter lucidement les difficultés qui se présentent ainsi qu’à envisager les réformes de structure de la Conférence des évêques de France, jusque-là repoussées.