L’Autriche fête les 200 ans de « Douce nuit » | La Croix

Claire Lesegretain (avec l’AFP) , le 21/12/2018 à 13h18 
Mis à jour le 24/12/2018 à 14h33

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Le prêtre autrichien Joseph Mohr, auteur des paroles de ce cantique, était loin d’imaginer la postérité de ses six strophes. / Graham Oliver/dglimages – stock.adobe.com

 

Le fameux chant de Noël « Stille Nacht, heilige Nacht » a été entonné pour la première fois près de Salzbourg le 24 décembre 1818.

Il est désormais interprété dans toutes les langues, y compris en chinois comme le rappelle l’écrivain François Cheng.

 

C’est dans la petite église du village d’Oberndorf, près de Salzbourg (Autriche), que le 24 décembre 1818, a résonné pour la première fois le chant de Noël « Stille Nacht, heilige Nacht ». À l’époque, l’Europe sortait tout juste des guerres napoléoniennes.

Le prêtre autrichien Joseph Mohr, auteur des paroles de ce cantique, était loin d’imaginer la postérité de ses six strophes. Quant au compositeur de la mélodie, Franz Xaver Gruber, il était l’instituteur d’Oberndorf et également l’organiste de la paroisse.

« Stille Nacht » est officiellement intégré au répertoire de la paroisse de Salzbourg en 1866 avant de se faire connaître au-delà des Alpes autrichiennes par le bouche-à-oreille.

Un facteur d’orgue tyrolien, Carl Mauracher, venu réparer des instruments dans la région, passe pour avoir, le premier, fait connaître cette chanson hors de son berceau en la popularisant dans sa vallée natale, à une centaine de kilomètres de là.

Deux groupes tyroliens en costume traditionnel

Elle est ensuite intégrée au tour de chant de deux groupes tyroliens en costume traditionnel, les « Strasser Siblings » et les « Rainer Singers », acclamés dans toute l’Europe au XIXe siècle, et même aux États-Unis.

De premières versions anglaises de « Silent night » sont repérées dès le milieu du XIXe siècle. Et « Douce nuit » en français devient également un succès populaire.

Aujourd’hui, « Stille Nacht » est interprété sur tous les continents, dans près de 300 langues et dialectes, après avoir été colporté à travers le monde par les missionnaires chrétiens. La version en mandarin – « Píng ān yè, shèng shàn yè » – est régulièrement chantée en Chine dans la nuit de Noël, souligne l’écrivain François Cheng, « Quand résonne autour de moi ce chant ou que ce chant s’élève en moi-même, m’envahissent aussitôt une paix et une indicible gratitude », , écrit-il dans un court texte transmis par son éditeur.

L’humanité se rappelle son innocence d’enfant

« D’où vient ce miracle ?, interroge le grand écrivain. Y a-t-il un chant aussi simple, aussi dépouillé ? Tout se passe comme si de toute éternité ce chant devait advenir, tel une berceuse surgie de la nuit des temps. À travers lui, une vérité est dite, une adéquation est établie ; on y entre, âme réconciliée, apaisée. Entendant ce chant, l’humanité se rappelle son innocence d’enfant, son besoin de tendresse maternelle. »

« Pourtant, écrit encore François Cheng, ce chant n’aurait pu naître dans un monde qui n’aurait cru à rien, qui n’aurait obéi qu’à ses instincts effrénés, insatiables. Son auteur voulait simplement dire merci au Don qu’était la naissance d’un enfant. Cet enfant deviendra Sauveur parce que plus tard sur la Croix, il affrontera le mal radical et affirmera l’amour absolu, l’indépassable vérité humaine. Ce chant touche tous les cœurs, croyants comme incroyants. À son humble manière, il est un des trésors que le christianisme offre à l’humanité. »

De fait, d’innombrables vedettes de variété, d’Elvis Presley à Céline Dion, et jusqu’aux marionnettes du Muppet Show, ont également chanté « Stille Nacht ».

Pour marquer les deux siècles de la célèbre mélodie, le village d’Oberndorf – où l’ancienne église est devenue chapelle – attend cette année « quelque 6 000 personnes pour la veillée de Noël contre 3 000 à 4 000 habituellement », a indiqué à l’AFP Clemens Konrad, directeur de l’office du tourisme local.

Une invitation au pape François

Comme toute la région de Salzbourg où se trouvent d’autres sites dédiés à l’hymne « Douce nuit », Oberndorf a multiplié ces derniers mois les manifestations liées à cet anniversaire et a même envoyé une invitation au pape François.

Claire Lesegretain (avec l’AFP)

Source: L’Autriche fête les 200 ans de « Douce nuit » – La Croix

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